Keith Jarret, Le magicien.
Une petite humeur du jour pour ceux d’entre vous qui jouent du jazz et qui s’intéressent de près ou de loin à l’univers des musiques improvisées. Keith Jarret est un pianiste de jazz, en fait pour ainsi dire ce n’est pas UN pianiste de Jazz c’est LE pianiste . Pour ne citer que Bernard Maury “Il n’y a pas deux Keith Jarret dans un siècle”.
Keith Jarret a tout d’abord le mérite d’avoir fait rentrer l’improvisation dans le champ d’écoute de millions de personne n’étant pas particulièrement “jazz” à la base, et tout ça grace à un disque qui est de nos jours le disque de jazz mais surtout de piano solo le plus vendu de l’histoire. Ce disque c’est son concert a Cologne, en janvier 1975 . Regardez bien dans vos discothèques je parie qu’il y en a plein qui vont le retrouver dans celle de leur parents! Le disque ressemble à ça :
La vraie révolution et ce qui a fait le succès de ce disque, c’est que Keith Jarret a entièrement improvisé le concert; donc il y a une premiere partie (coupée en deux sur le CD) et une deuxième partie ensuite. Les deux sont complètement inventées. Pour la petite histoire, sur certaines photos du concert on voit un tout petit bout de papier sur le pupitre; un bout de papier grand comme un ticket de caisse; lorsqu’on lui a demandé ce qu’il y avait dessus Keith Jarret a répondu pendant des années quelque chose de différent avec un grand sourire ( ma liste de courses, un poème, rien du tout, je sais plus etc…. ) Bref, grace à ce disque des millions de gens ont découvert ce pianiste si doué.
Et pour cause Keith Jarret n’est pas un pianiste c’est un monstre : ayant au départ de petites mains, il à donc gagné de l’écart en travaillant (en force , sa main a une grosse boule de muscle sous le petit doigt !) et quand on lui demande comment il peut faire pour jouer les écarts de 10e que demande le style “Stride” il répond :
“Très bonne question. On ne cherche absolument pas à jouer rétro, on cherche à jouer dans l’esprit. Mes mains ne sont pas assez grandes pour jouer dans un style “stride” traditionnel (alternance de basses et d’accords de la gauche), je me livre donc à une combinaison de ce que jouerait une guitare et de ce que je suis capable de jouer avec des mains de cette taille.”
(Sur la photo on voit la taille desa main mais pas la boule du petit doigt)
Ceci fait, après avoir commencé le piano à trois ans, puis refusé la bourse lui permettant d’aller suivre la classe de Nadia Boulanger a Fontainebleau (ça vous rappelle rien?) il entame et sort primé de la prestigieuse Berklee School of Music à Boston. Et là c’est le départ de tout, il joue et jouera jusqu’à nos jours avec les plus grands : les Jazz Messengers d’Art Blakey, Charlie Haden, Miles Davis, Paul Motian, Ornette Coleman, Kenny Clarke etc…. La liste est si longue ! Il a d’ailleurs le mérite d’avoir enregistré avec les meilleures critiques en plus presque autant de classique que de jazz pour ne citer que quelques pièces, les Variations de Goldberg, les fugues de J-S. Bach et puis Mozart, Haëndel, Chostakovitch pour ne citer qu’eux. En 2004, Keith Jarrett reçoit le Léonie Sonning Music Award. Cette distinction prestigieuse est habituellement décernée à des compositeurs et interprètes de musique classique. Avant lui, un seul musicien de jazz en avait bénéficié : Miles Davis. Igor Stravinski en avait été le premier bénéficiaire en 1959 (Rien que ca). C’est aussi un des seuls pianistes a pouvoir se vanter de jouer depuis plus de trente ans avec son trio composé de Gary Peacock à la contrebasse et de Jack DeJohnette (et pomme d’api) à la batterie. Voiçi la tête des trois compères l’année dernière :
En répet’
Pendant le salut (Keith,Gary,Jack).
Point n’est besoin de préciser que ces trois là se connaissent bougrement bien et que l’alchimie qui se dégage du trio est toute particulière ils se comprennent et en musique comprendre c’est déjà presque tout le travail de fait. Et comme disait Stockhausen : “Faire juste un son, c’est déjà dire nous”. A la fin des années quatre vingt dix Keith Jarret est tombé malade, forcé de rester au lit pendant près d’un an, il a réécouté ses disques fait le point sur sa carrière et sa vision de l’improvistation, avant de décider d’enregister quelque chose de simple. Après une si grosse carrière, sa conclusion a été que la vérité de la recherche et du langage musical se situe dans la simplicité. C’est un grand monsieur qui nous dit ca et on devrait tous y penser plus souvent en tout cas quand on joue.
Ce disque tout simple (enfin si on veut) c’est “The Melody At Night With You “
L’idée c’était “tiens tiens je vais écrire un dique avec que des ballades toutes simples pour l’offrir a mon amoureuse” sitôt dit sitôt fait en quelques semaines dans sa chambre le disque était bouclé et sa femme se vit offrir ce joli cadeau !
Alors rien que pour vous, en exclu sur mon blog, en voiçi des extraits et surtout des relevés (sur ce dique parceque les morceaux sont simples et jolis jugez en par vous même)!!!!!!!!!!
Ici on à Don’t ever Leave Me le relevé a été retiré a la demande d’ECM :
Un autre standard “Someone to watch over me” de Georges Gershwin joué par Keith:
Le PDF
Pour des raisons de droits numérique et pour que ceux qui aiment achètent le disque je ne peux pas tout vous mettre en écoute alors voila un tout dernier relevé mais sans l’audio pour les plus acharnés, pour d’autres relevés ou questions on se voit tous en cours
. C’est un thème de Duke Ellington dans sa version Jarret :
Voilà, voilà il y a tant de choses a dire sur Keith jarret, tant de choses à dire sur les ballades, le jazz, le trio j’ai du mal à m’arrêter mais bon, il faut bien que je garde des choses à vous expliquer en cours ….
LES AWARDS DE LA SEMAINE!
Sont décernés à :
- Yser pour son premier prix de Tektonik (sa 6e médaille d’or en fait)
- Philomène qui rattrape brillemment Pierre et qui se sort la première de “BlumenLied”
- Emilie pour le fait d’avoir terminé sa sonate de Beethoven avant d’avoir des cheveux blancs
- Alexandre qui substitue tritoniquement sur le cycle presque aussi facilement qu’il respire!
- Ryan qui à déchiffré son Dvoràk en 20 mn et sans fautes
- Samuel et Gabriella pour leur bonne humeur et celle de leur maman
- Monsieur S. pour sa fermeture d’esprit et sa vision préhistorique de la pratique instrumentale.
- Mosche pour son ouverture d’esprit et sa tolérance.
- Dan et Alexandre pour votre motivation et vos progrès.
Tous ceux qui ne sont pas là, vous y serez bientôt je vais aussi décerner des médailles d’or du séchage et de la flemme alors attention vaut mieux rentrer dans le tableau par vos efforts
That’s all Folks et bon courage avec Jarret ( l’arrivée vaut bien le chemin parcouru.)
Olivier






Pardessus a dit,
juillet 5, 2008 à 12:11
Bonjour, c’est sur que keith, c’est un bon, même plus que ça…
Seulement, pour moi, le meilleur, c’est Hancock…
Si Keith est mécaniquement plus virtuose, Herbie a plus de science et plus d’instinct…